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Alors que les homosexuels de l'Amérique du Nord s'étaient
donnés rendez-vous à Montréal pour le célèbre
défilé de la Fierté gaie, un autre groupe de
gens régulièrement aux prises avec des préjugés
a décidé d'organiser une fête pour affirmer
sa différence. Ainsi, le premier défilé de
la fierté zoophile a eu lieu à Drummondville en ce
chaud dimanche du mois d'août!
L'amour est parfois bien étrange
Sous une température humide et collante, des dizaines d'amoureux
des bêtes ont paradé dans les rues déguisés
en cheval, en chien ou en gorille. «Les zoophiles sont des
incompris de la société, a déclaré Jean
Raffe, le porte-parole de Zoo Écoute, un organisme qui vient
en aide aux zoophiles qui ont des difficultés à accepter
leur orientation sexuelle. L'attitude des gens envers les zoophiles
est encore plus agressive qu'envers les gais. Les parents des zoophiles
refusent souvent de comprendre l'orientation de leur enfant. Ils
préfèrent rejeter leur rejeton.»
Selon Jean Raffe, ce défilé est un premier pas vers
une meilleure acceptation des zoophiles par la société.
«Beaucoup de zoophiles sont congédiés lorsque
leur patron découvre leur orientation, a insisté l'homme
de 40 ans qui semble tout à fait normal. Il y a beaucoup
de discrimination. Par exemple, on ne laissera jamais un zoophile
travailler dans une animalerie ou en tant que vétérinaire,
mais on accepte pourtant qu'un hétérosexuel travaille
dans un lieu où il rencontre des personnes de l'autre sexe.
Cette situation est tout à fait inacceptable.»
La plupart des zoophiles sont également attirés par
les hommes ou par les femmes, mais certains d'entre eux sont incapables
de ressentir du désir sexuel pour un être humain. «Un
soir, alors que je travaillais à Zoo Écoute, a raconté
Jean Raffe, un homme a appelé en pleurs. Il avait essayé
de faire l'amour avec une femme, mais il n'arrêtait pas de
penser au petit cochon de lait de la ferme de son voisin. C'était
horrible. Cet homme était vraiment amoureux du cochon, mais
le voisin avait menacé de le tuer s'il s'approchait à
nouveau du bel animal. Il avait le coeur brisé. J'ai ressenti
toute sa détresse.»
Le défilé a été accueilli avec tolérance
par les Drummondvillois. «Eux aussi, ils ont droit à
un défilé, a admis un passant homosexuel qui assistait
à la parade. Dans le fond, nous voulons tous les mêmes
choses : l'amour et la tendresse. Moi, je trouve ces émotions
chez un homme, eux, ils les trouvent chez les animaux.»
Une autre passante était un peu moins conciliante à
l'égard des zoophiles. «Ce sont des malades! a clamé
haut et fort la dame de 76 ans. Comment peuvent-ils avoir du plaisir
à violer un cheval ou un chien? On devrait tous les enfermer.»
De fait, une loi interdisant la zoophilie existe au Québec.
Les policiers de Drummondville ont cependant refusé d'arrêter
les participants au défilé. «Ils ne font de
mal à personne, a affirmé le chef de police, Jean
Bon. Et puis, c'est un beau défilé. Regardez tous
ces costumes d'animaux, on se croirait à l'Halloween.»
À la suite du succès de ce premier défilé,
Jean Raffe espère pouvoir continuer à faire évoluer
les mentalités, même s'il sait que ce ne sera pas facile.
«Un jour, peut-être pourrons-nous tous fêter ensemble,
hétérosexuels, homosexuels et zoophiles. Mais je sais
que cette fête n'est pas encore pour demain.»
Par
échocrétin
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