.
« Ce soir je viens me glisser
dans tes rêves
Dans cette mer que le désir
soulève »
Le temps avait passé depuis
l'étonnant après-midi de 1989 où je m'étais
abandonnée à cet élan de sensualité
qui m'avait amenée à tant désirer et caresser
le corps de Jérôme. A chaque fois qu'il m'arrivait,
de plus en plus rarement au fil des années, d'y repenser,
je ressentais une émotion particulière, un sentiment
assez bizarre à vrai dire. Ces instants avaient été
tellement particuliers, comme extérieurs à ma
réalité.
Je ne sais si vous êtes
comme moi, mais quand il m'arrive de vivre des situations en
complet décalage avec mon quotidien, mon ordinaire, je
finis au bout d'un certain temps par ne plus trop déterminer
la part du réel et de l'onirisme, du vécu et du
rêve. Ce qui s'était passé avec Jérôme
était tellement hors de ma norme, hors de mon raisonnable,
que je doutais parfois que j'ai pu avoir avec lui cette audace
de le caresser, de jouir de lui comme je l'avais fait, autrement
qu'en rêve. Et pourtant, il me suffisait de fermer les
yeux pour dissiper la brume du souvenir, revoir avec la netteté
quasi anatomique d'un cliché photographique toutes les
images, son visage, ses yeux, son corps, son sexe, le grain
de sa peau.
Le monde avait changé.
François était parti exercer ses talents florentins
dans l'au-delà, Jacques l'avait remplacé. La révolution
Internet avait explosé et événement de
loin le plus considérable : j'avais passé la quarantaine
! Ma vie s'était écoulée calme et paisible
dans le ronron tranquille du quotidien ; les enfants avaient
quitté la maison, mon couple tenait vaillamment la route,
sans trop d'accrocs.
Je n'avais connu qu'une brève
aventure de quelques mois avec un ami de mon mari, déstabilisé
par un divorce difficile, qui avait un besoin éperdu
de se raccrocher à une tendresse que je ne lui avais
pas refusée. S'il s'était montré un amant
ardent et talentueux et m'avait donné un plaisir clandestin
que je n'avais pas boudé, je n'avais cependant rien vécu,
sensuellement parlant, d'aussi délicieusement trouble
et excitant que mon épisode avec Jérôme,
qui s'effilochait dans mon souvenir, jusqu'au jour où.
C'était en septembre de
l'année dernière, en début d'après-midi,
pendant un de mes jours de repos. Au téléphone,
une voix bien timbrée d'homme, claire, nette.
- Je suis bien chez Mme L., Sylvie
L.
- Elle-même
- Bonjour. Jérôme
C. Je suis content de vous trouver au téléphone.
Il y a longtemps je sais, mais je pense que vous ne m'avez pas
complètement oublié. Pardonnez-moi, mais je n'ai
pas beaucoup de temps. Voilà. Je suis en déplacement
professionnel à R... Je repars après-demain et
aimerai beaucoup vous rencontrer quelques instants demain, si
vous êtes libre bien sûr.
Je restais d'abord silencieuse,
interloquée de ce coup de fil tellement inattendu, ne
sachant trop quoi répondre. Je bredouillai un pitoyable
« Je ne sais pas et un excusez-moi, mais votre appel est
une telle surprise».
- « Pas mauvaise, j'espère
» répondit-il d'une voix amicale. Sentant ma gêne,
il ajouta rapidement « Je comprends votre étonnement.
Vous savez, je ne suis que de passage et j'ai seulement envie
de vous rencontrer, besoin d'échanger. Demain après-midi
? Je vous attendrai à la grille d'entrée du parc
de l'Hippodrome. 15 heures ? Ca marche comme ça ?
- Ca marche.
Ca aurait pu ne pas marcher.
J'aurais pu ne pas être libre (travail) ou lui mentir.
Mais mentir ne m'était pas venue à l'idée.
Ou plus exactement, le mensonge n'était pas envisageable
dans cette circonstance et avec lui. Dix ans, il y avait dix
ans déjà que... Puis la sonnerie du téléphone,
encore.
- « Jérôme
à nouveau, pardonnez-moi, mais j'ai complètement
oublié tout à l'heure. L'émotion peut-être.
J'ai prévu de vous faire un petit cadeau, mais pour cela
il me faut absolument votre taille et vos mensurations.
- Mes mensurations, euh, 1m74
88-60-88, mais ça n'est pas la peine, vous savez.
- Si si, j'y tiens. Alors, à
demain.
- A demain, Jérôme
».
Je me suis rendue au rendez-vous
avec un mélange de curiosité et d'appréhension.
Curiosité de le revoir, de comprendre le pourquoi de
sa demande, de son souhait de me retrouver; curiosité
de voir comment se déroulerait la rencontre. Appréhension
aussi. Parce que même en me disant que sa voix avait été
chaleureuse, que ce que nous avions vécu ensemble devait
être pour lui comme ce l'était pour moi, un bon
souvenir, il y avait au creux du ventre, non maîtrisable,
une pointe d'angoisse légère liée à
l'inconnu, à l'imprévu sur le déroulement
de ces retrouvailles soudaines et inattendues, sur lesquelles
je sentais bien que pour des tas de raisons, je n'avais aucune
prise.
Le lendemain à 15 heures,
habillée « très sage » dans un petit
ensemble prune, j'étais ponctuelle au rendez-vous. Lui
également. Il n'avait pas beaucoup changé, juste
un peu plus grand, plus costaud avec toujours ce même
visage énergique et doux à la fois, ce menton
volontaire, ses épais cheveux châtains coupés
courts et ses yeux gris bleus toujours aussi limpides et séduisants.
Il s'avança vers moi,
décontracté, souriant, me fit la bise, me remercia
d'être venue et me dit que j'étais toujours aussi
belle, peut-être plus encore; ce qui fait toujours plaisir.
Il m'indiqua que pour ce qu'il avait à me dire, il éprouvait
le besoin de marcher et nous cheminâmes à travers
le parc fleuri. « Probablement avez-vous été
surprise de mon invitation. Je vous dois une explication. Vous
dire d'abord que je me marie dans deux mois. Ensuite, que je
ne vous ai pas oubliée bien sûr, ni l'après-midi,
disons particulière et marquante, pour le jeune homme
guère expérimenté que j'étais alors,
que nous avons partagée. Mais le temps passant, le souvenir
s'en estompait même si les rêves de vous, de votre
corps, ont souvent traversé mes nuits fiévreuses.
Pour vous dire crûment
les choses, Madame, je me suis bien souvent masturbé
en pensant à vous, et si vous saviez combien de fois
j'ai enlevé votre petite culotte, cette culotte dont
vous m'aviez refusé l'accès ce fameux jour et
combien de fois j'ai pénétré en rêve,
en rêve délicieux mais frustrant, votre intimité
qui m'était restée interdite. Alors voilà,
quand j'ai su que je devais venir pour deux jours à R.
où je savais que vous habitiez, je me suis dit que devant
toujours être belle et désirable, et je ne me suis
pas trompé, il me fallait, avant que je me marie, aller
au bout de ce que vous aviez entrepris avec moi, achever ce
qui n'avait pu l'être. J'ai depuis ce jour fameux trop
pensé à vous, trop rêvé de vous pour
ne pas avoir le fantasme d'une relation complète, le
sentiment instinctif d'une absolue nécessité de
son accomplissement. Je vous emmène donc à mon
hôtel, où j'ai laissé votre cadeau, dont
je vous ai parlé hier au téléphone».
Que pouvais-je faire d'autre
que lui permettre ce qu'il me demandait et le suivre ? A ce
moment, plus tard également, je dois reconnaître
que jamais il ne fit pression sur moi, ni exerça aucune
forme de chantage. Sans jamais l'exprimer, ni lui ni moi, je
suis persuadée qu'il était acquis pour lui que
la soumission que je ne pouvais que lui manifester était
un dû, une chose naturelle, un prolongement de ce qui
s'était passé. Il me laissa toujours l'impression
de disposer de mon libre arbitre, sut y mettre toute la forme
requise et la courtoisie, alors qu'au fond je me sentais piégée.
Piégée par le passé. Consentante, mais
piégée.
Mais bon, ne dramatisons pas.
Il était, je l'ai dit, beau, élégant, séduisant.
Et la perspective de l'hôtel, de découvrir et d'accomplir
le fantasme qu'il avait manifestement élaboré
autour de notre rencontre, même si toute initiative m'échappait,
avait un petit quelque chose d'assez excitant, un fumet d'étrange
et d'aventure qui ne me déplaisait pas, qui m'attirait
même. Tout était tellement imprévu, en dehors
de la routine, de mon quotidien. Je verrais bien.
Chemin faisant, il me posa deux
questions : je répondis non à la première
: que décidément je n'avais pas caressé
tous les amis de mon fils; que ce qui nous était arrivé
était exceptionnel dans ma vie et qu'il avait été
le seul, une exception, dans tous les sens du terme. Je répondis
oui à la seconde. Ce n'était pas par hasard que
le numéro de Penthouse se trouvait entre les bédés.
Mais c'était bien par hasard que je l'avais découvert
le matin même dans la chambre d'Eric, mon garçon.
Et de ce qui nous était arrivé, rien n'avait rien
prémédité, jusqu'à ce que mes yeux
tombent sur la photo de la statue attribuée à
Michel-Ange.
Une fois arrivés dans
sa chambre d'hôtel, il me remit deux paquets enrubannés
et me demanda d'aller prendre une douche, puisqu'il me fallait
avoir les cheveux mouillés, et de revenir habillée
de ses modestes présents. J'avoue m'être attendue
au pire, genre porte-jarretelles affriolant et soutien-gorge
à balconnets froufroutant, toutes choses ridicules que
je déteste, ou alors attirail de sado-maso tout cuir
ce qui ne m'aurait pas plus enchantée et c'est peu dire.
Curieuse, je déballai les deux paquets. Le plus léger
d'abord : une simple culotte de coton blanc. L'autre ensuite
: un peignoir bleu ciel.
C'était donc cela son
fantasme; sinon recréer du moins rappeler les conditions
de notre première rencontre. Je pris ma douche, utilisant
la crème onctueuse délicieusement parfumée
qu'il avait manifestement déposé à mon
attention, et regagnai la chambre après avoir enfilé
culotte et peignoir, qui m'allaient parfaitement. Je n'aurai
pas été surprise de le trouver en bermuda gris
ou quelque chose d'équivalent, mais non. Il était
assis dans l'unique fauteuil de la chambre dans le même
jean et polo que tout à l'heure.
Il me demanda de poser les mains
sur les deux bras du fauteuil et de se pencher vers lui pour.
Je l'interrompis et poursuivis à sa place, dans un sourire,
«. pour te demander de me sécher les cheveux ».Bien
sûr le peignoir s'entrebâilla et lui révéla
mes seins. Il me retint dans cette position, les yeux fixés
sur ma poitrine, comme hypnotisé. Il eut un soupir, murmura
qu'il n'y avait rien de plus merveilleux, de plus doux au monde
que deux beaux seins bien ronds tièdes laiteux et qu'il
n'avait jamais oublié le choc de la révélation
des miens dans ce même mouvement, quand je m'étais
penchée vers lui. Il me demanda de les faire bouger,
de leur imprimer dans leur liberté un léger mouvement.
« Waouh ! Vraiment génial. Je comprends que vous
m'ayez fait un tel effet et que je sois depuis tellement attiré
par les seins des femmes. Mais bon, ce n'est pas tout, il faut
les sécher ces cheveux ».
Je pris place sur le tabouret
qu'il avait du récupérer quelque part dans l'hôtel.
Je glissai ma main autour de sa cuisse mais il s'écarta
aussitôt. « Tsst Tsst. Aujourd'hui, c'est moi qui
décide des caresses, d'accord.» Il reposa la serviette,
et toujours derrière moi, dénuda mes épaules
qu'il picora de petits bisous furtifs avant d'y faire passer
et repasser la pointe de sa langue. Je commençai à
me sentir toute chose, toute imprégnée de sensualité,
d'envie de caresses, de son corps. Ses mains glissèrent,
descendirent, passèrent sous mes seins, les soulevèrent
puis les entourèrent, les recouvrant de sa paume.
« Vos seins nus sont les
premiers que j'ai jamais touchés me dit-il. Vous voyez,
je n'étais pas très en avance pour mon âge.
Quelle surprise de découvrir qu'ils n'étaient
pas aussi durs que je le croyais alors, mais si mous, si doux,
si tendres. Comme les vôtres sont beaux, ronds, fermes,
magnifiques. Tellement charnels. Je ne connais rien de plus
sensuel, de plus visuel, de plus tendre que le signe palpable
de l'émotion réelle d'une femme quand durcissent
et se dressent les pointes de ses seins, premiers jalons de
l'irrésistible montée du plaisir, de l'effet du
glissement soyeux des caresses, de l'émoi naissant. »
Il prit délicatement entre
le pouce et l'index de chaque main mes bouts et les étira,
les tritura doucement, les agaça, les abandonnant pour
palper le globe de mes seins, les reprendre en entier dans ses
paumes, du plat de l'ongle suivre le dessin de l'aréole
puis revenir aux pointes, les pincer légèrement.
« J'adore les seins; les vôtres m'ont tellement
marqué vous savez. » Il s'était collé
contre moi et je sentais à travers la toile du jean la
protubérance de son érection tandis que sa main
droite glissait, glissait sur mon ventre jusqu'à l'ourlet
du slip. J'avais envie de sentir sa main sur mon sexe, envie
de son corps, envie de tout de lui. La pointe de son majeur
s'insinua sous l'ourlet, arriva aux premières boucles
de ma toison puis brusquement se retira. Pause, dit-il. Un soupir.
C'est trop fort, trop bon. J'en ai trop rêvé. .Je
vais prendre une douche, à mon tour. Je vous laisse.
Vous trouverez un peu de lecture dans le tiroir de la table
de nuit.
Avant même de l'ouvrir,
je savais ce que j'allais y trouver. Comme attendu, un numéro
de Penthouse mais également, ce que je n'avais pas prévu,
une revue américaine dont je n'ai pas retenu le titre
exact, quelque chose comme «Men for Women », bref
une revue bien pornographique de messieurs de tous âges
dans des états que je vous laisse deviner... Il y avait
également, plus surprenant, plus rebutant, plus inquiétant
aussi, un martinet, un bon vieux martinet des familles, classique,
avec son manche en bois et ces cinq lanières. Ouille
! Délicate attention. Je parle des revues, parce que
le fouet.
N'ayant rien d'autre à
faire, je feuilletai distraitement les pages. Les filles de
Penthouse étaient vraiment superbes, à faire de
sacrés complexes. Je ne sais si Jérôme s'attendait
à me voir me masturber sur ces images, ou s'il s'agissait
simplement de m'aider à passer le temps ou d'entretenir
mon désir. Le seul désir que j'avais, c'était
celui de son retour et de ses caresses ; celui de nos corps
enlacés offerts et partagés. Il revint enfin,
torse nu, serviette nouée autour de la taille et me demanda
dans un sourire si son choix de revues avait été
bon. J'étais soulagée qu'il n'ait pas évoqué
le martinet et lui répondis que je préférai
de loin la chaleur et le relief du réel à la froideur
anonyme et plate du papier glacé. « Comme vous
avez raison. Bon, maintenant, à vous de me sécher
les cheveux. »
Il prit à son tour place
sur le tabouret. Je lui frottai tantôt vigoureusement
tantôt tendrement la tête tandis qu'il enroulait
son bras autour de ma cuisse, me caressant au pli du genou le
creux poplité si sensible, si réceptif, puis,
montant, descendant le long de ma cuisse, remontant jusqu'à
ma culotte, la frôlant. Toute frémissante, ma respiration
s'accélérant, je commençai à me
sentir mouiller, vacillante, respirant l'odeur de ses cheveux,
de sa peau, puis collant mon ventre contre sa nuque.
Sa queue s'était dressée
sous la serviette et pointait de belle façon. A mon tour,
je glissai mes mains sur sa poitrine et les descendais doucement
vers son ventre ferme, musclé, vers. Il en bloqua alors
la descente, se leva et m'amena sur le lit où nous nous
allongeâmes côte à côte. Il me regarda
gentiment et me dit en souriant que s'il s'inspirait, comme
je l'avais notée, du passé, il ne le recréait
pas totalement à l'identique.
Il ouvrit mon peignoir, recommença
lentement, méthodiquement, savamment à me caresser
les seins, en jouant de toutes les façons, avec ses mains,
ses doigts, ses lèvres, sa langue. L'excitation montait
en moi. D'autant que ses mouvements laissaient parfois furtivement
sous la serviette apparaître son sexe gonflé que
j'aurai tant voulu toucher, effleurer avant de m'en emparer
tout entier, en faire ma chose. Il refusait toutes mes tentatives
de caresse, les repoussant. Je fais comme vous finit-il par
me dire, je goûte à votre corps et ne veut que
cela. Je compris la leçon et restai alors complètement
passive. Ses caresses sur ma poitrine rougie, humide et luisante
de sa salive, s'arrêtèrent.
Il se mit de coté, immobile,
soutenant sa tête de son avant-bras, me regardant. Puis
l'index de sa main droite se nicha entre mes seins, au creux
de leur sillon, et descendit avec une infinie lenteur vers mon
ventre, s'attarda autour du nombril s'attarda encore, encore
et encore et finit par atteindre l'ourlet de ma culotte. «
Suprême délice murmura-t-il. Frontière interdite
autrefois. J'ai aujourd'hui le sésame, la clé
des portes du paradis, de votre troublant jardin fleuri, Madame.
Vous êtes femme fruit et je me suis régalé
de vos framboises. J'ai tant appétit à me vautrer
maintenant dans votre gazon, en respirer les parfums et m'y
fondre. Atteindre la fleur précieuse dissimulée
au creux du rose vallon. »
Mon jeune poète défit
sa serviette. Sa queue dressée était superbe,
tellement attirante, si excitante. « Si vous saviez, mais
je vous l'ai déjà dit, comme votre culotte blanche
et ce qu'elle me cachait a obsédé mes nuits, combien
de fois en rêve j'y ai glissé ma main et fais bien
d'autre chose. Et voilà qu'aujourd'hui. Magie du rêve
qui devient réalité, de l'accomplissement de la
quête. Je vais savoir, enfin, la densité de votre
touffe, la couleur de votre toison, l'épaisseur de vos
lèvres, m'enivrer de vos parfums, de vos sucs. Ce délicieux
renflement sous cette carapace légère de tissu,
fragile rempart autrefois infranchissable, va aujourd'hui être
mien, Madame. Laissez-moi pleinement goûter l'instant
de l'accomplissement, le geste inaugural qui dévoile.
Plonger enfin au cour de votre nudité, de votre intimité
secrète. Vous posséder toute entière. Ah,
Madame, quelle jouissance, enfin ! »
Sa main passa alors sous ma culotte,
ses doigts peignirent ma toison, palpèrent mon mont de
vénus puis glissèrent en un geste appuyé
dans ma fente ouverte que je découvrais humide, tellement
humide. Je me cabrai, frémissante sous l'excitation de
sa caresse. Il enleva ma culotte, passa et repassa son doigt
dans mon sexe béant, trempé, prolongeant sa course
jusqu'au sillon de mes fesses, en agaçant l'anus dans
cette caresse circulaire et pénétrante qui me
fait toujours tant d'effet, puis revenant à mon clitoris,
l'entourant, le caressant, m'emplissant de vibrations cristallines.
J'étais très excitée et commençais
à gémir doucement. J'avais très envie de
lui, de son corps, de sa force, de sa virilité. Ma main
impatiente et gourmande se posa sur sa cuisse, avide de s'emparer
de sa queue, d'en palper la fermeté, d'en retrouver enfin
la chaude vigueur, de la diriger vers mon ventre, de la sentir
me pénétrer et vivre toute en moi, mais à
nouveau il me repoussa. Oh non, cruel, méchant, murmurai-je
doucement.
Il s'écarta alors pour
prendre le martinet dans le tiroir, me regarda d'un air indéfinissable
qui me mit mal à l'aise, le fit glisser lentement sur
ma poitrine, mon ventre, mes cuisses, puis frotta mon sexe de
son manche, sans toutefois me pénétrer. «
Quel usage faire de cet engin de punition, Madame, étant
exclu de ne pas s'en servir ou de s'en servir sur moi, puisque
tel n'est pas ce jour ni mon goût ni ma volonté?
Et pour quelle punition d'abord ? Non, ne dites rien. Je sais
ce que vous pensez. Mais ce n'est pas ça, pas ça
du tout. Il n'est pas question de vous châtier pour ce
que vous m'avez fait il y a dix ans, qui fût je vous l'assure,
un fort agréable moment dont je vous suis reconnaissant,
tendrement reconnaissant. »
Puis adoptant une voix grave
et dure, que démentait son regard complice et chaleureux,
un peu amusé aussi de ma gêne perceptible, il ajouta
« Non, ce qui est impardonnable et qui mérite châtiment,
c'est de ne pas en avoir fait assez Madame, de m'avoir laissé
au bord de cette route divine, abandonné, avec cette
frustration de ne pas connaître toutes les merveilles
de votre corps délicieux, de m'avoir laissé, moi
innocent et pur, à la porte de votre paradis et reconnaissez,
avouez que c'est là faute impardonnable justifiant une
sévère sanction. »
- J'avoue Jérôme,
j'avoue, tout ce que tu veux, mais je croyais bien faire et
si faute il y eût, reconnais je t'en prie qu'elle fut
quand même minime et pour le bon motif. Le châtiment,
que j'accepte uniquement parce que venant de ta main et si tu
le trouves juste, doit être proportionnel à la
faute et donc léger. Non ?..
- A moi d'en juger. Allez, suffisamment
parlé : en position Madame, à quatre pattes. Voilà,
c'est bien. remontez votre peignoir maintenant, dégagez
bien vos fesses. Rondes, fermes, roses qu'elles sont belles
tendues comme ça, offertes aux caresses pourvues qu'elles
soient douces, comme si elles n'attendaient que ce moment .Vous
me faites confiance, n'est-ce pas ?
Que pouvais-je lui répondre
? Que je trouvais qu'il allait trop loin, que cette position
de levrette quand même dégradante et humiliante,
cette infantilisation, me mettait mal à l'aise, me rendait
honteuse, moi qui n'avait jamais été fessée
de ma vie et qu'en même temps, au stade ou nous étions
rendus lui et moi, je ne voulais pas non plus arrêter
ce jeu un peu sadique qui faisait naître un trouble nouveau,
de nature différente, une envie de ressentir cela aussi,
d'expérimenter ce mélange de confusion, de souffrance
peut-être à venir, de plaisir.
Je sentis qu'il passait le manche
à nouveau le long de mon sexe, puis entre mes fesses,
jouant à l'entrée de l'anus sans le pénétrer,
puis revenant vers ma fente et du bout arrondi titillant délicatement
mon clitoris. Excitation à nouveau, frissons puis brutalement,
soudainement, alors que j'avais presque oublié, le sifflement
des lanières et cette fulgurance légère,
cette brève douleur sur mes fesses cinglées, fouettées
puis de nouveau la caresse douce en moi, dans ma fente, et l'attente
des prochains cinglements et à nouveau le claquement
et la morsure excitante des lanières sur ma chair et
cette saveur trouble, perverse. Puis sur mes fesses endolories,
sur cette impression de brûlures fugitives, le tendre
et doux contact de ses lèvres, de gentils bisous mouillés
sur mes rougeurs, sa salive apaisante au bout de sa langue douce
léchant mes marques légères.
« Le remède vous
est-il agréable ? Ce n'était qu'une gentille fessée
et le but n'était pas, vous le saviez n'est-ce pas, de
vous faire mal. Mais je sens que c'est à moi maintenant
de me faire pardonner, comme ceci.» Il me fit me retourner,
m'allonger sur le dos, s'agenouilla au pied du lit, m'écarta
doucement les cuisses, y enfouit sa tête, passa la pointe
de sa langue, tiède, humide, pénétrante
au long de ma fente, encore et encore puis agaça, titilla
et lécha mon clitoris. Je sentais croître la courbe
de mon plaisir, se gonfler les vagues et l'orgasme approcher
quand de nouveau il suspendit ces caresses. Deuxième
pause me dit-il. Ah non. Quel petit salaud. Pas maintenant !..
« Je vais prendre un verre d'eau. Je vous en amène
un également ? » Volontiers répondis-je
dans un gros soupir contrarié... En revenant, il me dit
que nous devrions lui et moi entrer dans le Guinness des records
pour la durée des préliminaires. Je l'avais caressé
il y a dix ans, il m'avait caressé aujourd'hui. Nous
pouvions alors passer aux choses sérieuses, mais à
sa manière.
Son vœu le plus cher me dit-il,
pour mener au bout l'accomplissement de son fantasme, était
de tenter de provoquer en moi un étonnement aussi fort,
aussi marquant que le sien autrefois pour que cette étreinte
reste à jamais dans mon souvenir. Mais comment amener
une adulte expérimentée comme vous à un
éblouissement comparable à celui d'un tout jeune
homme comblé par la découverte, si inattendue,
si délicieusement troublante, des premières caresses
intimes d'une femme?..
Cette fois-ci, il ne se refusa
pas à mes câlins et nous partageâmes des
étreintes délicieuses qui me furent vite suprêmement
voluptueuses après une si longue attente, dans l'état
d'envie et d'excitation où je me trouvai. Quel plaisir
de mêler enfin nos langues en de longs baisers profonds,
de sentir nos corps serrés fort l'un contre l'autre,
de pouvoir effleurer de mes doigts ses fesses fermes et musclées,
sa queue dressée, de sentir battre la veine bleue courant
au long de sa verge, d'y poser mes lèvres, de la parcourir
de ma langue, d'en mordiller légèrement la base
et le tronc et de l'engouffrer dans ma bouche, de l'aspirer,
la sucer. Nos râles se mélangeaient. J'aurais voulu
qu'il m'enivre de sa lactance, qu'il jouisse dans ma bouche
mais il se retira doucement, reprit sa respiration, plaça
ses mains sous sa tête, me regarda d'un air indéfinissable
et me demanda tout à trac si j'avais déjà
uriné sur le corps d'un homme.
Sans que je dise un mot, il lut
ma réponse à ma stupéfaction, à
l'étonnement désapprobateur marqué sur
mon visage. Il me dit alors qu'il avait plus qu'envie d'essayer
avec moi et se leva, me prit par la main et m'emmena vers la
baignoire où il s'allongea et me fit s'accroupir sur
lui. J'étais dans un tel état d'excitation et
de trouble que j'étais, je crois, prête à
faire à peu près n'importe quoi, soumise comme
je l'étais à sa volonté. Il me fallait
une situation aussi extraordinaire que celle-la pour accomplir
un acte qui m'était totalement étranger, de nature
aussi disons particulière et qui me gênait beaucoup.
Les deux mains posées sur le bord de la baignoire pour
me soutenir, je fermai les yeux et me concentrai. Mais rien
ne venait.
- Désolée, mais
je ne suis pas sure d'y arriver. Ce n'est pas évident,
ça ne vient pas sur commande, tu sais.
- Je sais, Madame. Nous avons
tout notre temps. Ce sera quand vous voudrez, quand vous pourrez.
Il commença à me
malaxer les seins puis à passer sa main, son majeur dans
mon sexe, à caresser mon clitoris. L'envie de pisser
que j'avais, toute honteuse et tremblante, finit par sentir
monter et n'avait pu, ni d'ailleurs voulu, retenir, jaillit
du plus profond de moi en un long et irrépressible jet
qui me parut ne pas finir et inonda sa main, inonda son ventre,
inonda son torse de gouttes dorées et ruisselantes. «
Aaah, murmura-t-il, belle cochonne, comme c'est bon, comme c'est
excitant, comme c'est tiède. Vous n'avez pas honte délicieuse
salope, adorable vicieuse, de pisser comme ça sur les
hommes, vilaine fille. ». Il enduisait de mon urine mon
ventre, mes seins, mes cuisses. M'embrassait. Me léchait.
Je sentais mon odeur intime de pipi sur lui, sur moi. Il était
très excité. Moi aussi, dans un mélange
détonant de trouble plaisir sensuel nouveau : le pipi,
ses mots, ses caresses qui continuaient, ses doigts enfouis
dans mon vagin.
Toujours accroupie sur lui, la
position devenait inconfortable. Je posais doucement mes fesses
sur son ventre chaud et humide de mon tiède intime, sentant
contre ma raie sa queue durcie. Il me fit me soulever à
nouveau, saisit un pot de crème sur le bord de la baignoire,
s'en enduisit la verge en même temps que mes fesses et
me fit rasseoir doucement en dirigeant de sa main sa queue vers
mon anus, s'y collant, le frottant, en élargissant lentement
l'ouverture de la pointe de sa bite.
Comment décrire cette
explosion d'une obscène suavité dans mon corps
au creux de ma moiteur quand doucement, progressivement, je
m'empalai sur son membre engouffré en moi, au plus profond,
au plus secret, dans une constellation de sensations sauvages,
de décharges nerveuses, vibrantes, palpitantes. Nos gémissements
rauques allaient crescendo. Plus rien n'existait que sa queue
s'enfonçant en moi, dans mes fesses, dans mon cul de
femme sage. Je la sentais vivre, palpiter, s'enfoncer, me défoncer,
m'ébranler au plus intime, puis ses spasmes, son corps
raidi, arqué, la giclée répétée
en fougueuses saccades me fouaillant de son foutre jaillissant,
de son sperme étoilé et la longue plainte rauque
de nos cris mêlés, le long plaisir haletant et
le rouge désir déferlant en carnation d'éternité.
Ciel et enfer, neiges et cendres en une indescriptible mêlée
paroxystique, maelström d'inouïes sensations, de fulgurances
étoilées.
Au moment du départ, sachant
que nous ne nous reverrions probablement jamais, il voulut me
dire quelques derniers mots. Je lui mis, souriante, un doigt
sur les lèvres et lui murmurai : « C'était
super ». Un dernier sourire tellement complice, un dernier
baiser tendre et léger et nous nous séparâmes.
Son pari était gagné, et de quelle façon.
Je suis persuadée qu'outre l'accomplissement rendu possible
de quelques uns de ses fantasmes, c'est bien pour imprimer à
mon corps et mon esprit un caractère indélébile
à cette rencontre qu'il créa sciemment ce climat
étrange, ce paroxysme de sensualité, où
je me suis décidément sentie, comme jamais avant,
comme jamais depuis, plus nue que nue.