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Putain, merde, je venais de passer
dix jours seul à seul avec ce mec, de bivouac en bivouac.
Nous avions partagé des moments forts, d'intenses périodes
de galères, de longues veillées nocturnes à
déblatérer sur le sens des choses et l'origine
de la vie. Nous en avions vraiment bavé à nous
en rendre malade, le genre de truc qui rapproche quand même.
Et là, putain, quelle déception ! Retour à
la civilisation, il me faisait gerber... Je le voyais s'affairer
: Ce mec là dégoulinait de sociabilité
comme les autres, pire que les autres, à croire que tout
ce qu'il m'avait raconté n'était que des conneries,
de simples vues de l'esprit. Il en est pour qui la vie n'est
qu'un scénario permanent et qui ne vivent que pour leurs
personnages !
Je ne sais pas pourquoi, mais
tous mes meilleurs copains ont toujours été des
copines ! Non pas que je n'aie jamais eu envie d'avoir de merveilleux
potes avec qui j'aurais pu parcourir le monde à vive
allure. Constatons simplement qu'ils ne tenaient jamais la distance.
Au bout de peu de temps, l'idéal tombait en miettes.
La folie que j'avais cru un instant déceler en eux s'effritait
à vive allure et l'atterrissage était fatal !
Alors qu'avec les nanas, au contraire, j'étais rarement
déçu. La plupart d'entre elles étaient
très (trop !) terre à terre mais au moins on savait
où on allait et quelles étaient les limites. Et
quand, au détour d'un sentier, on tombait par hasard
sur une personnalité exceptionnelle, c'était le
nirvana. Et là je ne parle pas de baise, ni même
d'amour, je ne parle que des rapports profonds que devraient
avoir entre eux deux êtres humains normalement constitués.
Et, tandis que je regardais l'autre
zombie s'agiter dans l'insignifiance de sa désespérance
sociale, c'est à Francine que je pensais. Francine c'est
pas un nom, à part pour la farine, mais elle aurait pu
s'appeler Cunégonde ou Paulette que c'en n'aurait été
que plus génial.
Nous avions fait connaissance
incidemment à la sortie d'un grand concert gothique et
force est de constater que nous contrastions pour le moins avec
la faune environnante : Moi avec un éternel jean déchiré
élimé jusqu'à la corde, les cheveux longs
et bien crades, complètement déphasé avec
la mode en cours, tout ça pour bien marquer mon incommensurable
mépris pour cet immonde sectarisme qui incite tout un
chacun aux tentations d'appartenance. Elle, romantique évaporée,
avec un chapeau pas possible et des fringues du siècle
dernier, la tête dans les nuages, la fille cachée
du docteur March. Et nous deux au milieu des corbeaux de tous
poils et de toutes confessions qui hier étaient punks
et demain seraient invariablement trash ou new-âge avec
la même certitude apparente... Tous ces jeunes gens dans
le vent qui arrivaient avec Actuel sous le bras et des idées
préconçues dans les soirées branchées,
pour ne pas dire mondaines.
- On s'arrache, que je dis, j'angoisse
ici.
- On pourrait aller faire quelques
pas en bordure de Seine, qu'elle me rétorque.
De là est née une
sévère amitié, sans véritable fondement
mais avec tous les excès possibles.
Du coup je me suis coupé
les tifs et elle a troqué ses froufrous pour un vieux
jean des familles.
Et six mois plus tard nous nous
envolions pour la Guyane avec un ami à elle qui voulait
nous entraîner pour une expédition hasardeuse au
fin fond du Maroni. Le pauvre, il est tombé malade 2
jours après notre arrivée, les intestins dévorés
par un virus ravageur. Rapatrié sanitaire et nous voilà
comme deux cons à deux pas de nos chères Ariane,
à nous demander ce que nous faisions dans cette foutue
jungle. Qu'importe, après tout, on était venu
pour "rider" et on aller "rider". Affrétage
d'une pirogue, paquetage improvisé, deux ou trois cartes
imbitables et nous voici tous les deux seuls au milieu de nulle
part.
Il l'avait dit le guide qu'il
ne fallait jamais trop s'éloigner du fleuve, en tout
cas pas sans préparation. Mais, au fond, quel intérêt
de passer tout près de cette forêt mirifique et
de ne pas prendre le temps d'en percer les mystères.
L'attirance était trop forte et puis nous étions
jeunes et foldingues, pleins de fougue et d'espérance,
conscients surtout que la mort serait de toute façon
un jour inévitable.
Faut être complètement
tarés pour se retrouvés sous une petite canadienne
biplace en pleine forêt équatoriale alors que cela
dégouline de partout y compris dans la tente.
Nous voulions aller jusqu'aux
chutes de "je-ne-sais-quoi" et nous nous étions
paumés... Et on rigolait, on rigolait. Sous la tente
tout y passait, l'immense galerie des personnages grotesques
qu'il nous était arrivé de rencontrer... alors
que tout autour d'inquiétants bruissements se faisaient
entendre.
Le lendemain matin, preuve fut
faite que nous ne savions vraiment plus quel chemin prendre
pour rejoindre notre pirogue. Même les précautions
les plus élémentaires n'avaient pas été
prises et le "Si tu marches toujours dans la même
direction, tu finiras bien par arriver quelque part" n'avait
pas court dans ce monde hostile parsemé d'embûches.
Et puis il y avait des risques à ne pas prendre comme
par exemple traverser un ruisseau à l'eau incertaine.
Rien que ça pouvait t'attirer les pires emmerdes, paraît-il.
Mais ce qui était vraiment
génial chez Francine, c'est que, malgré son apparence
frêle de petite fille gracile, cette femme-là avait
un tempérament d'acier. Imperturbable, rien ne pouvait
la déstabiliser, elle prenait chaque chose avec la plus
grande des philosophies et toujours faisait face. Je crois qu'on
aurait même pu lui annoncer qu'il ne nous restait plus
que quelques heures à vivre, ou quelque catastrophe pire
encore, qu'elle n'aurait pas bronché. Rien que pour ça
je l'admirais ! Comment cette petite femme à l'apparence
presque maladive pouvait-elle être aussi blindée
? Mieux que du positivisme, de la volonté à l'état
pur. Et à peine commençais-je à désespérer
qu'elle trouvait déjà un petit mot encourageant
du style "T'as quand même de la chance d'être
tranquille, peinard au milieu des bois avec une jolie fille
à tes côtés !". Surtout qu'il ne s'agissait
pas de n'importe quelle jolie fille mais de la plus belle fille
de la planète ! Rien que pour ça la vie valait
la peine d'être vécue.
Finalement, après deux
jours et demi d'errance dans la forêt, nous avions fini
par rejoindre la pirogue. Exténués par ce périple,
nous étions rentrés fourbus à la base et
avions par la suite écourté cette expédition.
Que dire d'autre sinon que nous
avions passé le restant des vacances dans un hôtel
pouilleux de St Laurent à nous faire des papouilles ?
Que dire d'autre sinon que c'était il y a bien longtemps
et que nous nous étions par la suite perdus de vue...
Que dire, sinon que cet enfoiré de Frédéric
était loin d'avoir autant de couilles que ma divine Francine
!
Ce bâtard pavanait devant
des " girls " d'opérette à faire le
mariole sur nos exploits dans le désert. Il pouvait pas
garder ça pour lui ce con, au lieu d'exciter les midinettes.
Invariablement il faisait référence à moi,
il essayait de me brancher à ces folasses, dans le marais
spongieux de ses idées tortueuses. Et, s'il y a bien
une chose dont j'ai horreur, c'est que trois quatre excitées
me tournent autour. On dirait des mouches... Elles devaient
se faire chier dans leur club de vacances tout proche et frétillaient
du cul en regardant l'autre charlot dégoiser ses sornettes.
Berk ! La gerbe, je me suis levé,
je me suis cassé sans dire un mot, sans même me
retourner pour bien marquer ma désapprobation. Comme
j'avais pas les clefs de la jeep, je suis parti à pinces
vers la ville toute proche. Six ou sept kilomètres à
tout casser pour rejoindre le centre et me noyer dans le souk
de l'agglomération populeuse. Si ce n'est que je n'étais
qu'un putain de touriste européen, j'aurais presque pu
me noyer dans la foule et être peinard au milieu des marchands
de tapis. J'avais pas envie de rentrer à l'hôtel,
j'avais plus envie de rentrer nulle part, juste dériver
indéfiniment dans cet univers poussiéreux et sous
ce soleil de plomb !
Au coin d'une rue, il y avait
une belle brochette de beaufs bedonnants, deux-cent cinquante
kilos au bas mot à eux deux, qui étaient en train
de marchander un service à thé. Ca sentait Paris-banlieue
Nord, petit pavillon à quatre sous et humour bien gras.
Comme je les regardais, le gars, affublé d'une large
moustache de mousquetaire s'est retourné vers moi et
m'a interpellé :
- Qu'est-ce t'en penses toi mon
gars ?
J'en pensais qu'il allait se faire
entuber comme tout le monde mais que ce serait de toute façon
pas pire qu'aux galeries farfouillettes.
J'allais couper court à
la conversation quand je l'ai remarquée qui me
regardait, immobile derrière celui qui devait être
son père. Un regard qu'on oublie pas, puissant, intense,
profond, en un instant dévastateur. Plus tard j'ai appris
qu'elle était légèrement bigleuse et que
c'était sans doute une des causes de cette étrangeté
qu'elle avait dans les yeux. Mais pour le moment je n'en savais
évidemment foutre rien. Elle semblait me regarder comme
si nous étions seuls sur terre, elle et moi, rien qu'elle
et moi, et tout était possible désormais !
Pour le reste, elle était
à l'image de sa mère, son visage, sa corpulence,
et sa mère à vrai dire n'était pas jojotte.
Grande, charpentée, bien en chair, pulpeuse, quoiqu'en
ce qui concerne sa maternelle il s'agissait plutôt d'obésité,
la bibine était passée par-là.
Les filles qui dépassent
le mètre soixante-dix me foutent en général
les chocottes, mais là pas du tout, j'ai tout de suite
accroché, je sais pas pourquoi, elle n'avait rien de
particulièrement attirant mais... elle était vraiment
extraordinaire et mes yeux ne pouvaient plus s'en détacher.
Putain ! J'en étais tout
désorienté, je sais même plus ce que j'étais
en train de raconter à son vieux, je m'en foutais, le
principal c'était de garder le contact, au besoin de
faire le mariole pour qu'elle ne m'oublie pas... Bon Dieu !
J'étais en train de tomber salement amoureusement tandis
que les arabes, tout autour de moi, s'égosillaient pour
vendre leurs babioles. Et lorsqu'elle a risqué un simple
sourire, je vous jure, j'étais aux anges.
Comme d'hab', j'avais guère
de tunes mais je les ai invités à becter, tous
les trois. Le vieux avec ses airs bourrus m'avait déjà
pris à la bonne. Et, quant à son harpie, une vieille
gouailleuse, elle gloussait à gorge déployée
à chaque fois que son julot osait une plaisanterie bien
grasse. J'ai tout de suite compris que ma dulcinée avait
dû avoir honte de ses vieux quelques années auparavant
mais qu'elle avait dépassé ce stade bien heureusement
et qu'elle éprouvait même une affection certaine
pour ces êtres somme toute assez frustes. C'est une des
choses qui m'ont tout de suite séduit chez elle, ce tact,
cette finesse, cette intelligence avec laquelle elle appréciait
les gens, la douceur qu'elle mettait dans les rapports humains
et en même temps cette imperceptible distanciation, signe
d'une intelligence supérieure.
Couscous, tajine, ils habitaient
Bagnolet et la donzelle préparait une agrégation.
A la voir, on l'aurait vraiment pas imaginé. Plutôt
du genre cool/décontract l'universitaire, jean, baskets,
tee-shirt ricain délavé, aucune trace de maquillage
et les cheveux passablement gras. Je sais bien, c'était
les vacances mais quelque chose me disait que c'était
tout le temps comme ça, qu'elle s'en fichait de son look
et que son look c'était ça, point barre, si t'es
pas jouasse tu dégages ! Elle avait dépassé
l'apparence, 10000 ans d'avance sur les incessants défilés
de mannequins dont nous abreuve la téloche. J'avais côtoyé
et même fréquenté des babas cools mais chez
elle c'était même pas ça, c'est quelque
chose qui s'imposait et qui disait le plus calmement possible
" Je suis moi, je suis comme ça et je suis forte,
une force intérieure qui vous irradie ". J'ai tout
de suite fait le lien avec Francine mais dans son cas c'était
Luce (De son vrai nom Lucette mais celui-là elle le déteste
!).
Toujours est-il que ses vieux
étaient partis faire la sieste ou picoler et que nous
nous sommes retrouvés tous les deux à papoter
dans sa chambre d'hôtel. C'est elle qui avait eu l'idée
de façon aussi simple et naturelle que tout ce qu'elle
entreprenait. Elle me désarçonnait. Elle était
assise en tailleur sur le lit, un clope au bec et une canette
de coke dans l'autre main et partant du " Nom de la Rose
" qui m'avait c'est vrai beaucoup plu, elle avait entrepris
de me faire un cours sur les tendances religieuses au moyen-âge
et sur les querelles dogmatiques qui avaient parsemé
les siècles. Et le pire c'est qu'elle savait être
foutrement intéressante. C'était trop génial,
je buvais littéralement à la source de ses paroles
et je m'en délectais comme un divin cocktail ! Putain
cette nana, chaque mimique, chaque mouvement de corps, chaque
intonation de sa voix, c'était comme une symphonie et
j'étais dans un sale état, salement amoureux de
tout ce qui émanait de sa personne. J'étais comme
hypnotisé !
Un peu plus tard elle a retiré
ses groles et les a envoyées valdinguer. Elle ne pouvait
évidemment être qu'en chaussette, l'odeur forte
qui émanait de ses pieds était pour moi un précieux
nectar aux senteurs épicées. Je l'adorais et je
suis sûr qu'elle le remarquait et ce que j'appréciais
chez elle c'est qu'elle n'en tirait aucun bénéfice,
sa joie restait simple et discrète. Ensuite elle a retiré
ses chaussettes et s'est mise à se trifouiller les doigts
de pieds en continuant de parler et cette fois encore l'instant
était magique. Elle aurait mis ses doigts dans son nez,
ça l'aurait été tout autant. J'aurais pu
tout accepter, elle aurait même pu roter, péter,
cracher, se gratter le cul ou bouffer ses crottes de nez...
Comme par magie, nous avions dépassé toutes les
barrières de l'intimité et de la fausse pudeur,
lorsque chaque nouvelle action ne peut plus être qu'un
délice et source d'émerveillement.
Et lorsqu'elle a vu que je m'en
étais aperçu, que j'avais pris conscience de tout
ça, de cet état de grâce qui nous enrobait,
elle m'a tout simplement fait un clin d'œil :
- Il fait vraiment très
chaud... J'suis toute moite de partout...
Et s'est levée d'un bond
en rigolant :
- Qui m'aime me suive... sous
la douche.
C'était si simple ! Je
n'avais nullement besoin de lui clamer mon amour, elle le savait
déjà !
Elle a retiré ses frusques
sans même se retourner et de la façon la plus joyeuse
qui soit, en les balançant aux quatre coins de la pièce
et a enjambé la baignoire...
Puis elle s'est retournée
tandis que je me déshabillais et pour une fois je n'avais
pas honte, je ne ressentais aucun malaise, mes complexes s'étaient
comme évaporés, c'était comme ça
et c'était très bien. J'aurais même pu être
castré ou avoir une jambe en bois et tout se serait passé
pour le mieux, de la façon la plus naturelle qui soit
:
- Tu m'as pas dit ! Tu me trouves
à ton goût ?
- ...
- C'est pas parce que ton sexe
se redresse que je dis ça... Allez, viens... Je voudrais
savoir ce que toi tu en penses, j'ai bien dit toi !
- Ben, euh, je...
- Mais surtout pas des inepties
du style " Ma chérie je t'adore, tu es d'une beauté
incommensurable... et je suis pantois devant ton joli minois
". Ces conneries on s'en tape... Si tu trouves que mes
seins sont trop lourds ou trop tombants, mes tétons pas
assez gros, que mes grains de beauté ça fait crade,
tu vois plutôt ce genre de détail... Et dis-moi
pas que je suis parfaite, sinon je te mords la queue...
S'en suivirent de furieux jeux
d'eau où nous en profitâmes pour nous tripoter
sans vergogne tout en aspergeant la salle de bain copieusement
par nos joyeux ébats.
De toute façon j'adore
les gros seins lourds et laiteux, j'adore les femmes qui ont
de gros seins à condition qu'ils soient naturels bien
entendu. La chirurgie esthétique c'est une des principales
conneries de la société d'apparence, qui enrichit
des cohortes de médecins bâtards et autres photographes
de mode. Je préfère mille fois toutes les imperfections
du monde à cet univers de papier glacé qu'on essaie
sans cesse de nous faire gober. Alors... une mamelle bien molle,
des bourrelets généreux, des grains de beauté,
une belle chatte avide à la toison luxuriante, des odeurs
corporelles très prononcées. Putain, merde, on
est dans la vraie vie et cette vie là je l'adore... J'pourrais
gagner des milliards que je continuerais à détester
cet univers de gens friqués, mais pas du tout à
cause de leur fric, uniquement à cause de cette putain
de culture impérialiste qu'ils veulent nous imposer :
La bonne éducation ! Comme s'il n'y avait qu'une bonne
façon de voir les choses ! Méfiez-vous des prêcheurs
de toutes confessions, ils veulent vous annexer !
Sa bouche peut-être un
peu de travers, sa fossette sur le côté, son grain
de beauté dans le cou, ses lèvres trop épaisses
ou son cou trop charnu, tout ce qui contribue à sa personnalité
et fait d'elle ce qu'elle est... Ce sont mille petits détails
qui sont autant de découvertes, un émerveillement
sans cesse renouvelé... Tout ça je l'adore, je
ne peux déjà plus m'en passer... A-t-elle les
seins trop lourds, ou des poignées d'amour ou des yeux
trop globuleux ? Elle est myope comme une taupe sans ses lunettes
et elle ne veut bien sûr jamais mettre ses lunettes mais
elle ne supporte pas les verres de contact. Alors elle se cogne
contre les portes. Justement elle a un énorme bleu à
la cuisse, le genre de truc mastoc qui a dû la faire beugler.
Je lui fais un petit bisou pour la guérir, l'odeur de
son sexe tout proche me fait tourner la tête. Auburn de
chez auburn, j'ai toujours côtoyé beaucoup de rousses,
elles ont un goût... inimitable... je plonge ma tête
dans son épais buisson pour lui rendre hommage et le
dévorer avec appétit. En relevant la tête
:
- Ce ne sont pas les imperfections
qui manquent chez toi... mais toutes ces imperfections sont
pour moi un délice... Si l'on m'avait il y a de ça
quelques heures de dresser le portrait de la femme idéale,
rien de ce qui te caractérise n'aurait été
cité... Et pourtant, désormais, je ne pourrais
plus me passer de tout ça, je ne trouve plus que source
à m'extasier !
Ce disant, je laissais ma bouche
parcourir fébrilement son corps, à la recherche
de sa sensibilité...
- Il faut quand même que
je te dise... J'ai un petit ami à Paris...
- ...
- Ca ne change rien entre nous...
mais je voulais que tu le saches ! Je ne veux faire de mal à
personne... tu comprends ?
Je comprenais en effet, j'ai ravalé
une larme, c'est si rare de tomber amoureux.
- Tu ne passes pas tes vacances
avec lui ?
- C'est un monsieur très
occupé... Et moi je suis vraiment très libre,
j'ai besoin d'oxygène, de liberté et d'espace.
Et puis ces vacances m'ont permis de retrouver mes parents,
c'est très important aussi de reprendre contact avec
son enfance... Ma mère n'est pas une mauvaise femme,
il y a tout ce côté superficiel, très agaçant.
Mais au fond d'elle-même, elle est beaucoup plus sensible
et beaucoup plus intelligente que tout ce qu'on pourrait imaginer.
Mon père, c'est autre chose... mais je crois qu'ils ont
vécu une longue histoire d'amour, à leur façon,
dans un monde qui n'est sans doute pas le nôtre... mais
il faut le respecter.
Il y avait son petit ami, certes,
mais il n'y avait rien de changé. Nous avons basculé
sur le lit de la façon la plus naturelle qui soit. Et
je me suis planté en elle machinalement, sans le vouloir,
en jouant. Ca tombait bien, elle était trempée
d'envie. Emboîtés l'un dans l'autre, nous avons
roulé sur le lit :
- Sais-tu qu'il existe mille et
une façon de me faire jouir... Et je veux toutes les
essayer ! Dommage que les vacances soient si courtes !
Je me retrouve allongé
sur le dos et elle ma cavalière :
- Méthode numéro
un, me dit-elle avec un large sourire
Et, toujours emboîtée
sur mon sexe, la voici qui frotte son pubis contre le mien,
comme une folle, ses longs poils me chatouillent, jusqu'à
la jouissance qui bientôt la transporte au nirvana.
A peine remise de ses émotions
:
- J'ai peut-être une autre
idée, une variante de la précédente...
Par deux fois encore elle se fait
jouir de cette façon.
- Trois-zéro, j'ai pris
une sérieuse avance, il est temps de passer aux choses
sérieuses, j'aimerais essayer toutes les positions...
Cette fois-ci fut la bonne, un
peu plus tard nous sommes arrivés ensemble au sommet
du plaisir.
Ensuite nous avons fait un break.
Nous nous sommes rhabillés vite fait et sommes descendus
au bar boire un verre. Elle était rayonnante, je la voyais
briller comme un astre devant mes yeux ébahis et j'avais
l'impression que toute l'assistance ne pouvait que la trouver
formidable.
Une heure et deux verres plus
tard :
- N'oublie pas qu'il nous reste
997 choses à faire, si nous y retournions !
48 heures plus tard je prenais
mon avion. 48 heures plus tard c'est évidemment un peu
court pour faire 997 choses mais nous avons fait du mieux que
nous avons pu et même des choses dont on dit qu'elles
sont contre-nature. Ah ces vacances, c'est vraiment fatigant
et j'ai hâte de retrouver mon boulot pour pouvoir enfin
me reposer.
Ce que j'espère en tout
cas de tout mon cœur, c'est de pouvoir de temps en temps la
rencontrer. Il lui reste un capital de 980 jouissances, ce serait
trop bête de s'en priver.
Mais trêve de plaisanterie,
j'y pensais dans l'avion. Elle rejoindra le panthéon
de mes femmes adorées. Luce, Francine, Jodie Foster,
Sigourney Weaver... et quelques autres encore. Elles ne sont
pas 36000 mais elles sont fantastiques et je ne connais aucun
homme qui puisse les égaler, même ce bon vieux
Kevin Spacey.
Août 2001
( Jérôme492