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Je me prénomme Bénédicte.
Je suis très grande (1m82), brune, des lunettes et surtout
très poilue. J’en ai toujours fait un complexe d’être
aussi velue. Sous les aisselles et au pubis ce sont de véritables
forêts vierges mais j’en ai aussi un peu partout, le ventre,
les bras, les jambes et même un peu sur les seins ce qui
est particulièrement disgracieux. Bien évidemment,
je m’épile mais parfois cela repousse tellement vite
et tellement dru que c’en est presque décourageant. Je
crois que je vais finir par me payer une épilation laser
tellement ce problème est épineux pour moi.
Lorsque j’étais plus jeune,
adolescente et étudiante, disons jusqu’à 22 ans,
je ne m’épilais pas. J’avais honte de mon corps, je ne
voulais pas le montrer à qui que ce soit, je ne draguais
pas, je ne flirtais pas, je ne sortais pas non plus. J’étais
bûcheuse, studieuse, chiante et hyper complexée
par mon corps.
A 17 ans, l’année du bac,
j’étais pensionnaire dans un lycée. Et évidemment
plusieurs des filles avaient repéré ma toison
broussailleuse sous la douche et cela avait fait le tour du
lycée. Il y a avait toujours quelqu’un pour inventer
de nouveaux bizutages et en ce qui me concerne, les filles de
l’autre dortoir m’ont un jour coincée nue dans les douches
et ont fait plusieurs polaroïds de mon corps qu’elles ont
ensuite fait circuler dans tout l’établissement. Quelle
honte pour moi ! Je n’ai pas supporté. Ensuite je suis
tombée malade plusieurs semaines simplement parce que
je redoutais les regards moqueurs. Finalement quand je suis
revenue, tout est à peu près rentré dans
l’ordre, les filles avaient compris qu’elles avaient été
un peu trop loin et tout le monde était gentil avec moi.
Bien sûr pendant toute l’année j’ai du essuyer
les moqueries de certains éléments incontrôlés,
en particulier des garçons qui m’appelaient «poil
au cul» ou «Sheeta» ou «la touffe».
Mais bon, j’ai fait contre mauvaise fortune bon cœur. Et je
me suis fait une amie Cécile et un copain Nicolas. Du
coup lorsque j’ai été en fac, tout naturellement
j’ai pris une piaule avec Cécile. Nicolas pour sa part
venait souvent bosser avec nous en soirée. Dix huit,
dix neuf ans, bientôt vingt ans et j’étais toujours
vierge. Et ça me démangeait sérieusement,
j’ai même pensé un instant rentrer au couvent.
Cécile, pour sa part ne l’étais plus depuis belle
lurette, elle ne comptait même plus les «mecs»
qu’elle s’était faite entre 14 et 20 ans tellement ils
étaient nombreux. Elle me racontait toutes ses aventures,
souvent des sorties de boîtes de nuit le samedi soir et
les fantasmes qu’elle avait. Et moi, pauvre pomme, je restais
là suspendue à ses paroles car je n’avais pour
ma part rien à raconter. Cécile était convaincue
de son côté que Nicolas était pédé,
peut-être alors homosexuel refoulé, simplement
parce qu’elle lui avait fait plusieurs fois des avances et qu’il
s’arrangeait toujours pour s’esquiver. Pour ma part, c’était
un bon copain, un de mes trop rares copains, avec qui je m’entendais
bien et c’est tout ce qui comptait pour moi à l’époque.
En octobre 1989, trois semaines
avant mon vingtième anniversaire, nous avons appris que
Nicolas venait d’avoir un accident avec ses parents. Nous avons
tout de suite essayé de prendre de ses nouvelles, il
était dans le coma, entre vie et trépas. Nous
avons été déboussolées toutes les
deux durant quelques jours mais finalement des considérations
bassement matérielles nous ont ramené à
la réalité. Nous avions préparé
tous les trois un dossier exposé et précisément
c’est Nicolas qui était en train de le rédiger
lorsqu’il a eu son accident. J’ai donc décidé
d’aller voir sa logeuse pour essayer de récupérer
le devoir dans sa piaule. Une vieille dame fort gentille et
serviable qui s’est empressée de me faire rentrer dans
la chambre de ce pauvre Nicolas, m’invitant même à
la rejoindre pour boire une tasse de thé dès que
j’aurais trouvé ce que je cherchais. Donc j’ai fouillé
(pas très loin d’ailleurs, j’ai simplement ouvert sa
penderie en plastique) et j’ai trouvé (pas le devoir
malheureusement, il avait du l’emmener en week-end chez ses
parents pour le mettre au propre). Non, ce que j’ai trouvé
m’a mise sur le cul, complètement abasourdie. Je suis
ressortie de là comme dans un rêve, j’en ai même
oublié la lumière, la vieille dame, de fermer
la porte et de rendre la clef. J’y suis allé deux jours
plus tard pour m’excuser…
Un dossier, un dossier de 20
centimètres d’épaisseur qui ne parlait que de
moi, de moi et encore de moi. En premier lieu le gentil Nicolas
s’était débrouillé pour récupérer
la plupart des polaroïds de terminale. Ensuite c’était
lui qui avait dérobé mon album photo familial
dont j’avais fait depuis longtemps mon deuil, ainsi que plusieurs
photos d’identités de moi. De mieux en mieux des photocopies
de la quasi-totalité de mon journal intime, agrafées
et commentées, celles de mon carnet de santé,
mes relevés de note depuis le primaire et au fond de
la boîte deux petites culottes odorantes dans des sacs
plastiques ainsi qu’un tampon usagé, berk, quel romantisme
! Mais sans doute, le plus intéressant pour moi, c’était
la prose de Nicolas, l’équivalent d’un cahier grand format
avec comme sujet unique : Bénédicte, sa vie, son
œuvre…
Je ne sais si c’est par prémonition
mais le dit Nicolas émergea du coma deux jours après
mon étonnante découverte. J’ai été
sur le point de tout raconter à Cécile et puis
je me suis ravisée, j’avais un peu peur de sa réaction.
Je me suis enfermée le reste de la semaine dans une salle
tranquille de la bibliothèque municipal en prétextant
le fait que je doive être au calme pour rédiger
à nouveau le devoir. Mais je ne consacrais à cette
tâche ingrate qu’une partie de mon temps préférant,
et de loin, m’occuper du dossier compromettant. Et dans ce cahier
on trouvait tout pêle-mêle. Mon anatomie avec la
location précise de tous mes grains de beauté,
mes mensurations, adresses, numéros de téléphone
(Les miens et ceux de toutes mes connaissances), mes plats préférés,
jusqu’aux maladies infantiles de mon père (Je me demande
vraiment où il avait été chercher tout
cela. Il en connaissait plus sur moi-même que moi-même).
S’en suivait une longue liste de considérations qu’il
avait sur moi ainsi qu’une série de fantasmes à
mon sujet tous plus lubriques les uns que les autres. A mon
tour j’ai photocopié tous ses documents et j’ai été
remettre l’intégralité du dossier là où
je l’avais trouvé. Les nouvelles qui nous parvenaient
de Nicolas étaient excellentes. Il se remettait rapidement
de son accident et mis à part le traumatisme crânien,
il n’avait que quelques hématomes. Il serait peut-être
de retour parmi nous après les fêtes de fin d’années…
Ses fantasmes à mon égard
étaient particulièrement gratinés. Le leitmotiv
qui revenait le plus souvent, c’était l’histoire d’une
fille à lunettes timide et coincée, pourvue d’une
pilosité hors normes qui est exhibée contre son
gré comme phénomène de foire. Parfois aussi
cette guenon est offerte aux caprices d’un orang-outang dans
la cage d’un zoo. D’autres fois véritable chienne en
chasse, je me promenais en minijupe sans culotte, cuisses écartées,
mon épaisse toison aux regards de tous. Toujours une
chatte très négligée, très odorante,
je sens la pisse à plein nez. D’autres fois encore «Qui
voudrait d’une grande bringue à lunettes poilue de la
tête au pied». Tellement frustrée de n’être
ainsi désirée par personne, je suis prête
à me jeter sur n’importe quel mâle pour une saillie
et même à me faire enculer par le premier venu.
Et si aucun mec ne veut de moi, je suis prête à
me gouiner avec des Lesbos. Et puis le soir dans mon lit, je
passe mon temps à me masturber en rêvant de grosses
bites qui trouent ma forêt vierge. Pour ne pas que mes
amants voient ma chatte noire de poil, je préfère
leur donner tout de suite mon cul. Et puis il y a surtout plein
de vieux vicelards à moitié alcooliques qui aiment
les femmes monstrueuses. De toute façon sous mes airs
de ne pas y toucher doit forcément se cacher la pire
des salopes, une obsédée qui ne pense qu’à
la bite, qui exhibe sa chatte pour trois fois rien et se fait
mettre par le chien du voisin. Accessoirement, Nicolas aime
aussi m’étirer les nichons, me cravacher les fesses et
les seins, me défoncer avec une batte de base-ball, m’attacher
nue à un arbre, me raser l’abricot, me sodomiser avec
un concombre, me faire avaler des litres de foutre et de pisse,
m’offrir à toute une équipe de rugbymen. Je vous
en passe et des meilleures.
Et bien moi je vais lui en concocter
des fantasmes, mais pas aussi délires, je préfère
les situations réalistes. Et me voici donc en train de
noircir les pages de mon journal intimes… L’occasion va se présenter
quelques mois plus tard, fin mars pour être précis.
Cécile ce soir là a décidé d’aller
au ciné mais Nicolas préfère rester au
studio pour terminer un compte-rendu (Mon œil). Nous le laissons
seul, avec mon journal intime toujours à sa place dans
le tiroir de ma table de nuit… Et nous l’avons bien prévenu
que nous allons rentrer tard, très tard, qu’il est inutile
de nous attendre et qu’il peut dormir sur la banquette s’il
le désire, ce qui ne change rien à nos anciennes
habitudes.
Le lendemain matin, il est debout
aux aurores (curieux pour ce lève tard !). Cécile
vient à peine de partir distribuer des prospectus dans
les boîtes aux lettres pour se faire un peu d’argent de
poche. Je suis en train de préparer le café, ma
nuisette en coton comme d’habitude. Il tourne en rond dans la
cuisine, ne sachant sur quel pied danser. Je me mords les lèvres
pour ne pas éclater d’un fou rire. Il s’approche de moi,
me frôle les fesses, je me retourne brusquement, il saute
d’un bond en arrière, je suis aux anges. «Euh,
euh, Bénédicte, euh…» «Oui Nicolas
? » «Euh, tu n’as pas parfois des pensées,
euh, disons des espèces de fantasmes» «Si
bien sûr, pas toi ? » Que je réponds innocemment
! «Euh si mais là par exemple dans la cuisine…
Le matin. ». Je souris. «Oh si, souvent je pense
qu’un garçon est tombé amoureux disons, euh, de
ma particularité physique. Je ne sais pas si tu te rappelles
les photos au lycée… Enfin qu’un garçon aime ça
au point d’être dingue de moi, au point de faire irruption
un matin dans ma cuisine pour se régaler dans l’urgence…
Ca te va comme fantasme ça ? ». Le pauvre il vire
à l’écarlate… Il bafouille, il bredouille, il
ne sait plus où se mettre. Pour bien enfoncer le clou,
je me permets d’insister. «Oui il paraît que certains
hommes apprécient les femmes très poilues alors
même que la plupart trouvent cela disgracieux. Il y en
a même quelques-uns qui fantasment sur les toisons broussailleuses.
J’aimerais vraiment en rencontrer un…». Les idées
doivent s’entrechoquer dans sa tête. Il doit se dire «J’y
vais, j’y vais pas», qu’est ce qu’il est tarte en fin
de compte. Finalement, tandis que je débarrasse la table,
il hasarde quelques mots à peine perceptibles : «Je
voudrais que tu me la montre». «Pardon ? ».
«Oui j’aimerais beaucoup voir ta toison…». Et, sans
plus attendre, je relève ma nuisette, je n’ai pas de
culotte, je lui dévoile mon buisson ardent, mon triangle
noir, ma forêt tropicale. Son regard est comme rivé
sur ma touffe, un regard concupiscent que je ne lui ai jamais
vu auparavant. Je finis d’essuyer la table, j’ôte carrément
ma nuisette et m’allonge entièrement nue sur la table
pour ne rien lui cacher de mon anatomie et de mon corps velu.
Il semble médusé, il tourne, retourne, navigue
autour de moi en m’inspectant sous toutes les coutures. Son
regard vitreux, son regard vicieux… Je suis extrêmement
excitée d’oser m’exhiber ainsi. Je mouille, j’ai envie
qu’il me frôle, j’ai envie qu’il me touche, j’ai envie
qu’il me caresse, qu’il pose sa bouche sur moi et enfin qu’il
me pénètre. C’est exactement comme dans mon journal
intime et je sais qu’il va le faire. Toute une matinée
à contempler ma chatoune touffue, mes aisselles poilues,
ma poitrine velue, il ne s’en lasse pas et me dévore
de toutes les façons, de ses yeux, de ses doigts, de
sa bouche. C’est divin. Et lorsqu’il pénètre enfin
dans ma cavité obscure, lorsqu’il rompt ma membrane et
me fait devenir femme, son sexe dur comme la pierre, dur comme
son envie de s’enfoncer dans les broussailles de mon entrejambe.
18 mois durant, Nicolas restera
mon seul et unique amant. Nous n’avons pas tardé à
mettre les choses au point, en particulier en ce qui concerne
le dossier que j’avais trouvé dans le bas de sa penderie.
Je le rassurai en l’assurant que cela ne me dérangeait
nullement qu’il soit ainsi vicieux. Bien au contraire, j’en
étais toute émoustillée… Le problème
c’est qu’après 18 mois de bonheur, 18 mois de sexualité
débordante et d’une vie de couple bien remplie, il commença
à me parler de ses copains de boîte qui voudraient
bien me voir eux aussi et aussi qu’il aimerait bien me voir
avec un chien… Tout ceci avec un peu trop d’insistance et de
lourdeur… Pourquoi pas avec un orang-outang non plus ou avec
une équipe de rugbymen… Il est des fantasmes qu’il vaut
mieux éviter de chercher à concrétiser.
C’est pour cela que j’ai rompu notre relation qui me convenait
jusqu’alors, il est vrai, tout à fait. J’ai cassé
net et deux jours plus tard je me suis rasée, épilée,
des pieds à la tête, y compris les cheveux que
j’ai coupés à ras, histoire de bien marquer le
pas, pour passer de la femelle à la femme, de ce corps
velu et négligé à un corps lisse et net.
Nicolas ne me l’a pas pardonné, il n’aimait sans doute
que mes poils, pas ce qu’il y avait dessous. Depuis ce jour
j’ai pris l’habitude de soigneusement m’épiler, en toute
saison et d’exhiber un sexe lisse aux yeux de mes amants.