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En guise de prologue, quelques
précisions. J'ai 39 ans, un mari, deux enfants. Ma vie
est on ne peut plus régulière et tranquille. Je
n'ai jamais eu de relation homosexuelle et mes fantasmes n'ont
rien d'extravagant. Je reconnais qu'ils passent en partie à
travers le net et que je ne suis pas indifférente aux
récits érotiques, aux sites lesbiens et aux photos.
Ce qui me trouble le plus et ne se trouve que trop rarement,
c'est derrière l'exposition de la chair, l'émotion.
L'étalage de seins, de sexes, de positions ne me fait
pas grand chose, mais un trouble qui se lit sur un visage, une
rougeur sur les joues, des yeux dans le vague mi-clos sur le
désir éprouvé, des pointes de sein bien
dressés, voilà qui me fait fondre comme indice
d'un trouble authentique que je peux partager. Je ne suis pas
écrivain et manque singulièrement d'imagination.
Je puise donc dans ma vie ou dans les confidences que des amies
proches ont pu me faire. Enfin, amie lectrice ou lecteur, je
te souhaite de prendre le même plaisir à la caresse
des mots que j'ai eu à les coucher sur l'écran.
Ce récit doit nécessairement
remonter jusqu'à Nicole et débuter par elle. J'avais
à cette époque 23 ans, habitai en cité
universitaire et préparai une maîtrise d'Histoire
à Censier. Après des flirts d'adolescente, une
initiation très heureuse et réussie aux plaisirs
du corps par un cousin joli garçon et mon dieu plutôt
doué, je vivais un bel amour comme on peut en vivre à
cet âge avec un homme de 32 ans terriblement séduisant,
cultivé, intelligent, charmeur, que j'aimai follement.
Ma vie sexuelle était comblée, harmonieuse, avec
un partenaire imaginatif et je n'aurai jamais imaginé
pouvoir un jour avoir une relation homosexuelle, n'éprouvant
pas la moindre attirance pour le corps des autres femmes. C'est
d'ailleurs une pensée qui ne m'avait jamais effleurée.
Pas l'ombre d'un fantasme à ce sujet. J'étais
irrémédiablement et complètement hétéro.
Et pourtant, ainsi va la vie.
Nicole était mon professeur
de maîtrise. Un peu plus grande que moi, de longs cheveux
noirs souvent retenus en chignon, une peau mate, d'immenses
yeux en amandes et de fines lunettes lui donnant un air très
intello, ce qu'elle était du reste avec simplicité
et brio. Je l'avais déjà eue en licence et l'appréciai
beaucoup comme enseignante. Le sujet pas très folichon
qu'elle m'avait demandée de préparer : «
Relations entre préfets de la Seine et évêques
de Paris sous la Restauration et la monarchie de juillet »
me posait des difficultés et nous faisions périodiquement
le point sur l'avancement de mes recherches. Elle s'intéressait
de près à mon travail et, comme elle était
très sympathique, très proche des gens (en y repensant,
plus proche des étudiantes que des étudiants)
elle prenait aussi le temps de s'intéresser à
moi, à ma vie. Il nous arrivait, les choses sérieuses
terminées, de parler de tout et de rien, de cinéma
et de littérature, d'art et de musique. Elle m'emmena
d'ailleurs une fois dans une galerie de la place des Vosges
visiter l' exposition d'un peintre (femme) qu'elle connaissait.
Puis survint cette brisure que
fut la rupture brutale, sans préavis, de ma liaison avec
Roland qui succomba à un implacable coup de foudre avec
une blondasse qui me fit disparaître du jour au lendemain
de sa vie et me laissa anéantie. Je restai deux bons
jours à sangloter sur mon lit. J'arrivai au prochain
rendez-vous avec Nicole dix jours après sans rien avoir
préparé, avec ma mine d'enterrement et des cernes
comme des soucoupes. Elle quitta aussitôt son bureau,
vint s'asseoir près de moi, me prit les mains dans les
siennes et j'éclatais en sanglots, enfouissant comme
une petite fille ma tête au creux de son épaule.
Je parlai, je parlai, heureuse de m'épancher enfin, de
vider mon cœur, de partager mon malheur, ma peine, ma tristesse.
Elle me consola, me dit qu'il me fallait de la compagnie, voir
du monde, me demanda si j'avais de la famille à Paris
pouvant m'héberger ; non, je n'en avais pas ; et me proposa
enfin de venir jusqu'aux vacances d'été habiter
chez elle puisqu'elle avait une chambre d'amis disponible. Je
devais rester deux mois dans son appartement. Nous y vécûmes
ensemble près d'une année.
Les choses advinrent doucement,
inéluctablement, quasi naturellement. Elle a été
très amoureuse de moi. Toujours perdue dans mes pensées
moroses, je voyais bien ses regards, la tendresse dans ses yeux.
Je n'y trouvais qu'une amitié profonde, compatissante.
Aujourd'hui encore, je ne sais pas trop si c'est de l'amour
que j'ai aussi éprouvé pour elle. Plutôt
une amitié amoureuse. Et puis un soir où le cafard
m'avait reprise après avoir croisé dans la rue
un type ressemblant à Roland, nous étions assise
l'une à côté de l'autre, sur le canapé.
J'ai posé ma tête sur son épaule, appréciant
sa présence réconfortante et apaisante, sa tiédeur.
Elle m'a alors doucement caressé les cheveux, la joue,
m'a regardé avec une telle tendresse dans les yeux qu'aujourd'hui
encore j'en frissonne et elle a murmuré « Catherine,
Catherine chérie je t'aime je t'aime si fort depuis si
longtemps » et elle m'a embrassée. Il y avait ses
lèvres douces parfumées sur les miennes, ses lèvres
de femme, son corps si proche, son parfum et j'ai répondu
à son baiser, je me suis abandonnée au vertige,
consentante à sa tendresse, à son désir,
à ses caresses. Nos langues se sont rencontrées,
nos salives mêlées et le plaisir nous a emportées.
C'est ainsi que j'ai découvert l'amour au féminin,
les caresses d'une femme offertes à une autre femme,
la douceur infinie d'une poitrine effleurant une autre poitrine,
des bouts de seins dressés se rejoignant et se frottant.
J'ai aimé ses caresses expertes, sa tête entre
mes cuisses, sa langue fouillant mon sexe, mes fesses. J'ai
aimé ses lèvres sur mes seins, sa façon
d'en jouer, d'en agacer la pointe. J'ai aimé être
déshabillée par elle, sentir sa main caresser
la soie des dessous qu'elle m'offrait, faire glisser la bretelle
du soutien-gorge, glisser sous ma culotte et s'emparer avec
une suave dextérité de mon sexe humide. J'ai aimé
mouiller pour elle, lui offrir mon plaisir qu'elle savait si
bien attiser et faire grandir. J'ai plus aimé tout cela
que mes propres caresses sur son corps qui ne me procuraient
pas le même plaisir. Pour être franche, autant j'aimais
caresser de toutes manières ses seins un peu lourds,
sa peau mate, mêler nos lèvres et nos langues,
autant sans que j'en aie jamais rien laissé paraître,
son odeur intime, un peu forte à mon goût et son
jus généreux qui inondait son sexe, ses cuisses
luisantes, me rebutait un peu.
Elle avait évoqué
à deux ou trois reprises son fantasme « pipi »
et m'avait dit combien elle aimerait que nous le partagions.
Elle avait tenté de me convaincre d'essayer et je voyais
bien qu'elle y tenait mais quels que soient ses arguments, rien
n'y faisait. Elle avait beau me citer Sollers, me dire que l'urine
n'avait rien de sale pas plus que le sperme éjaculé
par mes amants sur ma peau, que la mêler aux jeux érotiques
provoquait des sensations qu'il serait consternant de ne jamais
éprouver et de ne pas au moins essayer; je persistai
à lui dire que je trouvais ça crade, répugnant
, dégueulasse et qu'il était inutile qu'elle continue
à me bassiner avec ça : ce n'était pas
et ça ne serait jamais mon truc. Elle pouvait dire tout
ce qu'elle voulait, c'était non encore non et toujours
non. Elle n'avait jamais insisté, se contentant de soupirer,
de faire une adorable moue creusant ses fossettes et de murmurer
« tant pis ». J'aurais du suffisamment la connaître
pour savoir qu'elle ne renonçait jamais, qu'elle était
une remarquable pédagogue et initiatrice et que rien
ne la motivait plus que de me convaincre que j'avais tort et
de m'entraîner dans ses fantaisies érotiques. Et
d'avoir à vaincre mes réticences était
source pour elle de jouissance supplémentaire.
Un dimanche, l'anniversaire de
ses 35 ans, après un plantureux repas en tête à
tête arrosé d'un sublime Pomerol qui m'avait un
peu tourné la tête, à l'heure lourde de
la sieste dont tous les amants savent qu'elle est le moment
le plus propice aux ébats amoureux et aux extravagances,
alors que nous étions dans la chambre allongées
côte à côte et que la même envie de
caresses nous gagnait elle me demanda de prendre une chaise,
de l'installer au bout du lit de m'asseoir et de simplement
la regarder ; libre à moi de faire ce qu'il me plairait
de faire. Me faisant promettre de n'émettre aucune remarque,
de ne rien dire. De simplement la regarder. Elle dénoua
son chignon libérant son abondante chevelure de jais,
se mit torse nu, gardant son jean, et commença à
se caresser les seins me demandant un peu après de faire
la même chose si j'en avais envie. J'aimais bien la voir
se caresser. Elle avait une très belle poitrine, des
seins un peu lourds qu'elle soulevait de ses mains en coupe,
de larges aréoles et des bouts dressés qui appelaient
irrésistiblement la succion de mes lèvres qui
aimaient les mordiller, les aspirer , les sucer. Ca m'excitait
toujours et là, vapeurs d'alcool aidant, je ne demandais
pas mieux que de me laisser aller à mon tour, de la suivre.
En fait, j'en avais très envie et me sentais assez excitée.
J'enlevais à mon tour mon pull et nous regardant l'une
l'autre je commençais également à me caresser
les seins, à en agacer les bouts roses.
Très bien, très
bien me dit-elle, continue comme ça petite fille, excite
moi. Puis elle déboutonna complètement son jean
et l'entrouvrit largement. Sa main s'introduisit dans sa culotte
et glissa vers sa fente. Je ne voyais que sa culotte de coton
gonflée par sa main et agitée par la danse lente
des doigts agiles. Sa respiration s'accélérait,
ses joues s'empourpraient. Gagnée par la montée
du plaisir, je fis comme elle et commençai également
à me caresser sous ma culotte. Cathy, c'est si bon me
dit-elle. Oh oui, si bon. Tu sais ce que je vais faire. Je sens
que ça vient, que ça monte et je ne peux plus
me retenir. Tu vas regarder, bien regarder, me regarder. Je
vais pisser dans ma culotte, c'est tiède, jaillissant.
Elle eut un petit spasme et un profond soupir et je vis une
tache se former, s'agrandir et sa culotte se mouiller, s'inonder,
se tremper. Tout en continuant de se caresser et de soupirer,
je la vis faire un effort pour se contrôler, interrompre
le jet. Si tu savais comme c'est bon murmura-t-elle, et tellement
meilleur sous ton regard. Oh Cathy, viens toi aussi, viens ma
douce. Laisse toi aller. Nous sommes femmes fontaines. Laisse
jaillir la source. Les yeux mi-clos, la tête en arrière,
elle lâcha un nouveau jet ; sa culotte était de
plus en plus trempée, dégoulinante, et le haut
du jean aussi. Elle gémissait de plus en plus fort. C'était
vraiment très excitant de la voir ainsi emportée
par la force de son désir, par son orgasme. Et je sentis
alors monter, irrépressible, l'envie de moi aussi, d'essayer,
de voir, de sentir. Le pipi était la, au bord, qui affleurait,
prêt à sortir, prêt à jaillir, à
m'inonder mais je le fais je le fais pas oh pisser dans ma culotte
et Nicole qui me regarde et oh ça monte ça monte
et je ne me retiens pas et je cède et la digue se rompt
et oh je sens mon doigt qui agace mon clito mon doigt tout mouillé
et ce soulagement et ma culotte qui s'imprègne et le
mouillé et le tiède et le chaud je ne peux couper
arrêter un long jet de pipi et oh tout mon tiède
intime qui se répand m'inonde coule le long de mes cuisses
et mon plaisir si fort et ma honte et mon bonheur et Nicole
alors souriante complice murmurant gentille petite cochonne
qui fait pipi dans sa belle culotte blanche toute mouillée
et son sourire et mon extase et elle près de moi me caressant
les cheveux, m'emmenant près d'elle sur le lit. Nos deux
culottes trempées se frottant l'une contre l'autre, et
nos cuisses luisantes et humides et nos baisers mêlés
et le plaisir encore.
Et elle après, nos tumultes
apaisés, nos corps séchés : « alors?
» Et un soupir pour lui répondre. Et un baiser.
Il nous arriva sous des formes diverses, sans en abuser toutefois,
de reprendre ces jeux liquides et force me fut d'admettre qu'une
fois surmontée la première répugnance naturelle,
çà peut être très jouissif. Et j'appris
qu'une baignoire peut servir à autre chose que prendre
un bain.
Ma liaison avec Nicole se termina
rapidement du jour où je rencontrai Thierry. Le coup
de foudre fut réciproque et l'entente quasi parfaite.
Je lui ai donné deux enfants et il ne déteste
pas que parfois, dans la baignoire justement. Et s'il faut tout
vous dire, pensant cet après-midi à ce récit
de mes turpitudes que j'allais vous écrire, me trouvant
seule à la maison et troublée par ces souvenirs,
il me vint une envie bien particulière.