Les Perversions
La hiérophilie
(du grec hieros : sacré, et philia : amour de)
Attirance érotique vers les choses sacrées. Le sexe et la religion entretiennent
d’étroits rapports, ne serait-ce que par les positions sévères que certaines égliss
conservent face aux pratiques érotiques. Les conduites d’abstinence, d’ascèse,
de mortification mènent souvent le religieux à une véritable obsession sexuelle
négative. C’est souvent la cause d’un sadisme exacerbé, non ressenti comme pervers
puisque justifié par la loi divine. C’est ainsi que de bons moines, fort charitables
au demeurant, en vinrent à brûler des sorcières par haine de leurs propres désirs,
considérés comme impurs. D’autres moines sublimaient leur instinct et le tournaient
vers les dieux et les saints.
Le blasphème mêle souvent des termes vulgaires ou obscènes au nom de Dieu tandis
que les pratiques sexuelles hiérophiles constituent un sacrilège, une profanation.
La célèbre scène du film L’Exorciste montrant une jeune fille possédée introduisant
un crucifix dans son vagin représente l’une de ces pratiques hiérophiles. D’autres
cas peuvent se présenter. Ainsi, certains adolescents aiment à insérer entre les
pages des missels mis à disposition des fidèles dans les églises quelques photos
obscènes en guise d’images pieuses. Le but est de s’étourdir, durant la messe,
lorsqu’une digne dame patronnesse les découvre en cherchant la page de la prière
du jour.
On connaît, dans les hôpitaux psychiatriques, quelques malades qui se masturbent
en récitant des ‘Ave Maria’ ou des ‘Pater Noster’. Moins douloureux est le goût
de certains amants pour les cimetières, ou les églises : faire l’amour sur l’autel
ou dans le confessionnal, jouer à la confession sont des pratiques sinon courantes,
du moins attestées. Se frotter à la statue d’un saint, lui toucher les parties
sexuelles sont des pratiques assez courantes. La légende veut que dans certaines
églises, des statues présentent un pénis en érection. Les fidèles de sexe féminin
s’y accrochent afin d’en être pénétrées.
Certaines religions pratiquent une hiérophilie institutionnelle, femmes et hommes
se servant d’une statue ou du sexe sculpté d’une statue comme objet érotique.