| Le bondage consiste à empêcher un partenaire de se mouvoir,
à l’entraver, l’attacher au moyen de chaînes, de sangles ou de cordes
dans des positions simples ou complexes. De nombreuses sociétés tribales attachaient les femmes capturées afin qu’elles ne retournent pas dans leur clan d’origine. Lorsque ce danger n’existait plus, que les mariages inter-tribaux furent admis, ces liens devinrent symboliques: on entourait la poitrine de la femme en question d’une corde ne l’empêchant pas réellement de se mouvoir. Au 18ème siècle, sous l’influence du Dr Tissot (‘Dissertation sur les maladies produites par la masturbation’, 1760, réédité et traduit en diverses langues jusqu’en 1905), une vaste campagne de lutte contre l’onanisme mènera à l’invention, au siècle suivant, de différents moyens d’empêcher les jeunes garçons de se masturber. Toute une série de corsets, bandages et ceintures de contention fut inventée. Pour les filles, on pratiquait parfois la cautérisation du clitoris. |
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Il semblerait que le fait d’être lié incite le cerveau à mieux se relaxer,
à émettre des ondes alpha, le tout produisant un état hypnotique agréable.
Jack London, dans ‘Le Vagabond des limbes’, raconte l’histoire d’un prisonnier
étroitement contraint dans une sorte de camisole qui divague loin de lui-même,
revit des moments de l’histoire de l’humanité, au cours d’un ‘voyage astral’…
Certains pratiquent le bondage en solitaire. Ils y trouvent un bien-être proche
de celui obtenu par la méditation. Ce bondage peut devenir un accompagnement
à la masturbation. D’autres tirent sur leurs liens, se débattent, jusqu’à
ce qu’une sécrétion d’adrénaline les mène à l’euphorie.
Le bondage avec un ou plusieurs partenaires offre bien des avantages: la soumission
réelle ou simulée au désir de l’autre lève les inhibitions, atténue le sentiment
de culpabilité des individus à l’éducation trop stricte cultivant la honte
sexuelle. On peut ainsi jouir sans se sentir responsable des sensations éprouvées:
le bondage guérit impuissance et frigidité. Pour l’homme, cette soumission
lui évite de se sentir obligé de prouver sa virilité. D’autre part, celui
qui parvient à se défaire de ses liens peut retrouver une confiance en soi,
une estime de soi. Il peut aussi être rassurant d’entraver un partenaire physiquement
robuste: certaines femmes se sentent plus sereines avec un homme entravé.
Le matériel nécessaire au bondage va de la simple corde ou chaîne, aux diverses
cages, colliers, menottes, baillons, etc. Il existe des ensembles d’accessoires
pour ‘salles de torture’.
Les séances de bondage peuvent durer fort longtemps, de quelques heures à
plusieurs jours. Le ‘bondage d’une nuit’, par exemple, est une situation consentie
durant laquelle le partenaire attaché est à la disposition de l’autre durant
toute une nuit, qu’il dorme ou non. D’autres jeux de ce type se déroulent
durant deux ou trois jours. C’est dire qu’il ne s’agit pas d’actes spontanés
et que le bondage demande une certaine organisation. De plus, les pratiquants
doivent posséder une endurance, une énergie physique et mentale permettant
de préserver l’intensité du jeu qu fil du temps. Ce besoin de durée, de lenteur
est spécifique au bondage, comme son organisation et sa préméditation.
La pratique du bondage est fréquemment associée à une quête esthétique, perfectionniste
de la part du dominateur qui recherche des positions du corps de plus en plus
complexes, des nœuds sophistiqués, des entrelacements de cordes sur le corps
qui créent des dessins augmentant son plaisir. Le photographe Man Ray (‘La
Vénus restaurée, 1971), rend un vibrant hommage à cette pratique et à son
caractère esthétique.
Au cinéma, le bondage est très rarement proposé comme jeu sexuel excepté dans
‘Le Corrupteur’ (‘The Nightcomers’, 1972) où une jeune gouvernante attend
chaque nuit la venue du valet de chambre (Marlon Brando) pour se laisser ligoter,
écarteler, puis fouetter.
Un sondage publié par le magazine ‘Dépêche Mode’ révèle que 19% des Françaises
se sont déjà fait attacher durant un acte sexuel.
Voir aussi le sadomasochisme
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